Place du système d’enseignement traditionnel dans les pays du Sahel avec référence spéciale à la Mauritanie

Propos introductif :

Il n’y a pas qu’en Afrique Sub-saharienne où il existe depuis longtemps un système éducatif populaire de proximité, basé sur l’apprentissage du Coran, des concepts islamiques et de la langue Arabe.

En fait, ce type d’enseignement a, depuis longtemps, été largement pratiqué dans divers pays, en Asie (Pakistan, Indonésie, Malaisie, Afghanistan…), en Afrique de l’Est (Somalie, Erythrée, Soudan….) et en Afrique du Nord (Egypte, Algérie, Maroc…).

A cet égard, il y a lieu de mentionner que selon les rapports de l’Unesco, ce système d’enseignement traditionnel Islamique est pratiqué par 20% de la population du Globe. Mais nous ici, nous entendons confiner notre propos concernant ce sujet uniquement aux trois pays sahéliens : le Mali, le Niger et surtout la Mauritanie sur laquelle nous disposons de plus de données édifiantes.

Il y a lieu de préciser à ce propos que dans les pays sahéliens totalement ou partiellement islamisés depuis des siècles, le type d’enseignement dit Coranique était largement pratiqué et les institutions pédagogique (Kettatib, Madrassas Mahdaras…) où il était dispensé, étaient assez répandues dans ces pays ; si bien qu’à un moment donné, il constituait le référentiel cognitif et culturel des élites lettrées de ces pays. Corolairement, la langue véhiculaire de cet enseignement, l’arabe en l’occurrence, était devenue non seulement un instrument d’alphabétisation d’un pan significatif des populations sahéliennes mais aussi un facteur de cohésions, de brassage social et de métissage culturel de ces populations. Il a en effet été historiquement établi qu’au niveau de la sous-région sahélienne, les berbères, les arabes, les Soninkés, les Foulanis et les Bambaras, entre autres, avaient eu depuis plus d’un millénaire, un destin commun qui s’était traduit par l’édification par tous de  l’empire du Ghana, du royaume du Mali, du Royaume d’Aaoudagost et du mouvement Almoravide qui avait soumis l’Afrique du Nord et la péninsule Ibérique. Ce qui explique du reste que dans la littérature européenne, le mot Maure était synonyme de noir.

D’après l’historien Andalous El Bekri ; « …il y avait à  Aoudaghost Au 11eme siècle, plusieurs mosquées où l’on enseignait le Coran. Quant à la ville de Ghana, dans sa partie musulmane, elle abritait 12 mosquées avec leurs Imams, leurs Cadis et leurs érudits.»

Depuis cette époque, l’enseignement coranique et son support linguistique, l’Arabe, étaient restés très  ancrés dans la région et bien incrustés dans la conscience collective des populations autochtones. Elles s’en étaient d’ailleurs, pendant longtemps, servies comme bouclier contre la culture coloniale introduite dans la région à l’avènement de la colonisation française, à la fin du 19eme siècle.

L’exemple du Nord Cameroun est édifiant à cet égard ; dans la mesure où, selon une enquête réalisée entre 1962-1964 par l’INSEE, moins de 1% de la population de ce pays pouvait écrire en Français, bien que l’école française moderne y  ait été introduite depuis 1910 ; alors que 10% des hommes adultes savaient écrire les caractères arabes. Cet état de choses était dù, selon M’bingue, au fait que : « l’Islam fait obligation  à tout père de famille de donner à ses enfants une instruction islamique. »

Pour cette raison et pour bien d’autres, les autorités coloniales s’étaient évertuées à éradiquer ce système d’enseignement qui faisait obstacle à l’expansion du système éducatif colonial et à la culture qu’il véhicule. A ce sujet, M’bingue rapporta que : « dés 1905, l’inspecteur d’enseignement Mariani, chargé de l’enseignement musulman en AOF, avait fait observer dans son rapport au gouverneur général que les écoles coraniques apparaissaient comme une force morale avec laquelle il faudrait compter et qu’il serait sage de pouvoir les canaliser dans notre profit. »

En 1903, le gouverneur général de l’AOF écrivait déjà : « la pénétration à tout prix de toutes les races par l’école s’impose à notre œuvre civilisatrice. En la circonstance, l’école joue un rôle politique au moins aussi important que son rôle éducatif, et dans cet ordre d’idées, politique et éducation se confondent. »

L’enseignement traditionnel Mauritanien et ses spécificités

L’enseignement traditionnel Mauritanien diffère des autres types d’enseignement coranique pratiqués dans le monde musulman en termes de contenu, d’institutions pédagogiques, d’outputs, de rayonnement international et d’impact général. Un examen un  tant soit peu analytique de ce mode d’enseignement, permet amplement de constater cette différence et d’en prendre toute la mesure.

Il y a lieu cependant de préciser qu’en raison des aspects spécifiques que nous nous proposons de mettre en relief ici, l’on s’attachera, dans ce qui suit, surtout à :

-Aborder brièvement la genèse du système d’enseignement traditionnel mauritanien en vue de mettre en évidence ses caractéristiques.

-Indiquer les points forts du système qui sont susceptibles de lui assurer la reproduction et la pérennité

-Souligner les faiblesses qui minent ce système  et  les facteurs exogènes et  endogènes qui en sont à la base ; ainsi que les efforts déployés par la Mauritanie pour remédier aux faiblesses du système  et pour l’impulser et le moderniser.

-Faire ressortir la fonction socioculturelle et stratégique, multidimensionnelle que peut revêtir le système d’enseignement traditionnel pour la Mauritanie, pour les pays sahéliens et pour le reste du monde.

Genèse, outputs et rayonnement du système d’enseignement traditionnel mauritanien

L’enseignement traditionnel dans sa version originelle qui aura à évoluer par la suite, avait été introduit en Mauritanie avec l’arrivée dans le pays en 1039, du prédicateur Abdoulah Ibn Yacine, fondateur du mouvement des almoravides. La mise en place des institutions éducatives spécifiquement mauritaniennes, dites « Mahdaras » où cet enseignement était dispensé, remontaient à cette époque. La première mahdara établie, selon nombre d’historiens, était celle de L’Ile Tidra à environ 70 kilomètres au nord de Nouakchott, créée par Ibn Yacine lui-même. D’autres mahdaras avaient  par la suite fait leur apparition en Mauritanie et dont les plus célèbres étaient celle de l’Imam Al Hadrami établie en 1096 à Azougui et celle d’El Hadj Outhmane établie en 1149 à Ouadane.

Outre ces mahdaras-phares,  pour ainsi dire,il y avait eu une multitude de mahadras de moindre envergure qui avaient été implantées dans toutes les régions situées entre le sud du Sahara, les rives du fleuve Sénégal et une partie du  Mali actuel.

Cette implantation allait crescendo avec l’expansion du mouvement almoravide. Au fil du temps, la ferveur religieuse aidant, et à la faveur de l’intensification des échanges entre l’Afrique du Nord et l’Afrique Sahélienne, et les brassages socioculturels qui s’en étaient suivis, de nombreuses cités ont été édifiées dans l’espace saharo-sahéliens. Ces cités qui étaient de véritables foyers de rayonnement culturel, avaient abrité des mahdras de renommée où était dispensé un enseignement pluridisciplinaire destiné à tous les niveaux intellectuels.

Toute fois ces cités, en l’occurrence : Aoudagost, Koumbi Saleh, Ouadane, Tinigui, Chinguitty, Aoulata, Toumbouctou, Tichitt et autres, n’avaient pas le monopole de la présence des mahadras et du foisonnement culturel qui prévalait dans la région. De très nombreux érudits originaires des cités avaient en effet essaimé partout dans l’espace saharo-sahélien pour créer d’innombrables mahdras dans les villages et les campements existant sur l’ensemble du territoire mauritanien. Ces mahdras offraient un enseignement de différents niveaux,allant de l’élémentaire qui consistait  à l’initiation à la lecture, à l’écriture, à la familiarisation  avec les préceptes religieux fondamentaux, jusqu’au niveau supérieur qui lui, portait sur les  études coraniques proprement dites très avancées  (exégèse et commentaire coranique) ,sur les  études linguistiques (grammaire, syntaxe, métrique…) et enfin sur les études ayant trait au droit, à la philosophie, l’histoire, les sciences ésotériques, l’astronomie, la médecine traditionnelle, les mathématiques et autres. C’est dire qu’à la faveur de ce système, la société traditionnelle mauritanienne était largement alphabétisée.

Les explorateurs français René Caillet(1860), Paul Solleiller (1879) et Xavier Coppolani (1900), étaient tous unanimes sur le degré élevé du développement dus système éducatif traditionnel mauritanien, à tel point, selon eux, « que derrière chaque arbre et sous chaque tente existait une Mahdra. »

A cet égard, les archives du ministère des affaires islamiques  avaient fait ressortir qu’en 1905, juste à  l’avènement de la colonisation française, il y avait dans le pays pas moins de 800 mahdras réputées dont 45 d’un niveau supérieur et universitaire qui n’avaient rien à envier aux autres universités arabes d’alors ; ce qui représentait, compte tenu de la population estimée à l’époque, une mahdra pour 500 habitants.

En 1925, le nombre de Mahdras recensées n’était plus que de 225 fréquentées par 3280 élèves ; alors que les écoles françaises n’étaient fréquentées que par 199 élèves,  tant le rejet du système éducatif colonial par les populations était grand. Mais  Un recensement opéré à la  fin de la période coloniale montra que le nombre total de mahdras encore opérationnelles au pays grimpa à  nouveau à plus de 800 reparties comme suit :

-Maures : 660

-Halpoular : 86

-Soninké : 30

-Peul : 15

-Wolof : 10

 En raison de la politque coloniale hostile à l’expansion du système éducatif  traditionnel Mauritanien, le nombre des mahdaras  ne progressait que modérément et ce en dépit des efforts des populations pour les maintenir opérationnelles.

Outputs et rayonnement du système d’enseignement traditionnel mauritanien

Malgré le dénuement matériel, l’enclavement géographique, les aléas climatiques et l’insécurité ambiante qui avaient très souvent  été le lot quotidien des cités, villages et campements qui abritaient les mahdras et en dépit du caractère rudimentaire des moyens pédagogiques et des outils didactiques dont disposaient les mahdras mauritaniennes, pour mener à bien leur mission éducative, ces mahdras ne désemplissaient pas et elles tournaient, pour ainsi dire, à plein régime, et ce jusqu’à l’arrivée de la colonisation française.

Les enseignants et les étudiants de tous niveaux s’y adonnaient à leurs fonctions  respectives de façon quasi sacerdotale.

Il convient d’indiquer que la faiblesse des moyens pédagogiques et didactiques  (manque de papiers, d’ancre, d’écritoires et la  rareté des ouvrages de référence..) n’avait paradoxalement pas conduit à ce que le système traditionnel d’enseignement mauritanien soit entièrement basé sur l’oralité. Bien au contraire, des innombrables érudits et savants de différents gabarits, s’attachaient à, systématiquement coucher par écrit les divers aspects de leurs amples connaissances.

Ils s’adonnaient en effet  à une large gamme d’activités cognitives scientifiques et culturelles qui consistaient, entre autres, à expliquer, commenter, interpréter, critiquer et abréger pour en faciliter l’accès à tous ,une grande variété d’ouvrages de référence se rapportant aux différentes spécialités et disciplines et aux divers aspects du savoirs.

Ces activités scientifiques comportaient également l’élaboration d’ouvrages originaux et inédits sur la jurisprudence islamique, la philosophie, la linguistique, l’astronomie, la poésie, les mathématiques, la médecine traditionnelle…

Ces activités scientifiques et culturelles menées au niveau des mahdras disséminées dans tout le pays et la mobilité des savants mauritaniens,  qui avaient essaimé vers l’Afrique sahélienne, vers le Maghreb  et vers le Moyen-Orient, avaient été à l’origine de la production et de la diffusion tous azimuts d’un nombre considérable de manuscrits dont une grande partie existe encore en Mauritanie, dans les pays sahéliens voisins, au Maghreb et au Moyen-Orient. En effet, pour ce qui est du volume des manuscrits qui constituent, au demeurant, l’output de l’enseignement traditionnel en Mauritanie et dans les pays sahéliens avoisinant, il est considérable. Les chiffres suivant en sont une preuve éloquente ;

Les investigations menées par l’Institut mauritanien de recherches scientifiques (IMRS) avaient de fait, permis de recenser :

-3000 bibliothèques familiales privées dans le pays

-40 000 manuscrits sur les différents aspects du savoir dont environ 400 ont été mis sur microfilms.

-4847 titres d’ouvrages et plus de 5000 auteurs ont été par ailleurs répertoriés et versés dans une banque de données créée par le chercheur islamologue allemand Ulrich Rebstock de l’Université de Fribourg.

-Une encyclopédie comportant 40 volumes intitulées « l’Histoire de la Mauritanie » élaborée par l’Historien de renommée Moctar Ould Hamidoune avaient été rééditée par le Pr Ulrich Rebstock en 2006.

C’est le lieu d’indiquer ici que l’interpénétration des populations des pays sahéliens et les efforts communs et complémentaires des savants mauritaniens et leurs homologues sahéliens avaient fait qu’un grand nombre de manuscrits arabes existent de nos jours au Sénégal, au Mali et au Niger pour ne citer que ces pays.

Ainsi, au Mali, il y a plus de 9000 manuscrits dont la majorité se trouve au centre Ahmed Baba à Tombouctou.

Au Niger, il y a plus de 3600 manuscrits arabes de théologie, philosophie, médecine traditionnelle collectés et déposés au centre de manuscrits arabes et étrangers grâce aux efforts personnels du chercheur nigérien Bouba Hama.

Au Sénégal, des efforts notoires de collecte de manuscrits arabes avaient été entrepris depuis 1966 et avaient permis une moisson considérable en la matière.

Pour ce qui est de la mobilité des savants mauritaniens, elle avait été phénoménale et avait eu des retombées considérables sur la dissémination, l’approfondissement et la consolidation du savoir dans les domaines religieux, linguistiques, littéraires, juridiques et d’autres.

Les érudits mauritaniens, formés dans les mahadras locales avaient, à la faveur des voyages pour le pèlerinage et pour l’exploration du monde, contribué, à la renaissance culturelle qu’avait connu à la fin du 19eme siècle  le  Moyen-Orient, où ils enseignaient dans des universités telles que Al Azhar en Egypte, exerçaient les fonctions d’Imams de grandes mosquées en Arabie Saoudite et aux autres pays du golf, de muftis et de  conseillers religieux de souverains tant au Machrek qu’au Maghreb, sans parler de leur contribution appréciable à la production culturelle  et dans le domaine de l’édition en particulier.

C’est dire que les outputs du système éducatif traditionnel mauritanien, en termes de volume d’ouvrages produits et en termes de compétences des savants formés par le système, avaient de tout temps  été dignes d’intérêt et de respect, parce qu’ils étaient de très haut niveau.

Points forts, faiblesses du système d’enseignement traditionnel mauritanien et efforts visant à y remédier

S’agissant des points forts du système d’enseignement traditionnel mauritanien, ils sont réels et significatifs. C’est en effet un système de proximité à la portée des populations ; et comme il est essentiellement basé sur le bénévolat, il est très bon marché, voire gratuit ; il est également simple et  flexible et prend en compte les contraintes des familles des apprenants. Il est communautaire et  intégrateur.

Les Mahdras constituent en fait  des creusets où les différentes composantes sociales et ethniques se côtoient et s’imprègnent des mêmes valeurs morales, religieuses et intellectuelles. Ce qui renforce la cohésion et l’harmonie des composantes constitutives des  sociétés sahéliennes.

Pour ce qui est des faiblesses de ce système, elles résident dans  le gap grandissant entre  la formation offerte par le système et les compétences techniques et professionnelles requises par les besoins du marché du travail et  les exigences de tous ordres de la vie moderne.

Cet état de faits a été à la base d’un recul significatif de ce système, surtout dans les milieux urbains et au niveau des classes moyennes, sans pour autant que le système en tant que tel tombe dans une désuétude totale, vu l’attachement de la population mauritanienne, toutes classes et ethnies confondues, à l’apprentissage du Coran et des préceptes cardinaux de l’Islam.

Face à la tendance  au recul du system d’enseignement traditionnel en Mauritanie, le gouvernement, aiguillonné  par les sphères culturelles nationales  qui considèrent que ce système est un large pan du patrimoine culturel du pays et un élément essentiel de son identité culturel, a entrepris ( le gouvernement s’entend)  un ensemble de mesures pour revitaliser, réorganiser, moderniser ce système et pour  l’articuler sur le système éducatif national moderne et, ce, à travers des passerelles établies à cet effet ; il a en effet  été  décidé en 1986 de créer une structure administrative chargée de la gestion, de  la promotion et de  la modernisation du système. Il s’agit d’un secrétariat d’Etat chargé de la lutte contre l’analphabétisme et de l’enseignement originel.

Dans le cadre des efforts des autorités compétentes  de moderniser et professionnaliser le système d’enseignement traditionnel, il a été procédé à la création de mahdras pilotes où des disciplines modernes telles que les mathématiques et les sciences naturelles ont été introduites. Des mahdras expérimentales ont aussi été créées, elles ont été jumelées avec des écoles de proximités ; et, à partir de 2002, des cycles de mise à niveaux, de recyclage et de formation sur le tas, ont été entrepris au profits des enseignants des mahdaras .

Auparavant, en 1994 notamment, il a été crée à Nouakchott, sur  financement de la BID, un centre de formation professionnelle pour les sortants des mahadras ; il offre un enseignement moyen pour une durée d’une année dans les domaines de la construction métallique, l’électricité, la soudure, le froid et la mécanique…

Il convient de souligner à cet égard que dans le cadre des efforts déployés pour une meilleure articulation des deux  systèmes d’enseignement et pour, à terme, en assurer l’intégration,  un projet dénommé « projet pilote pour la complémentarité entre les mahadras et les écoles modernes  en  républiques islamique de Mauritanie » ,initié par l’ISESCO et la BID, a été  lancé en 2015.

 Toutefois, sa mise en œuvre satisfaisante rencontre encore des résistances et est freinée par une force d’inertie qu’il n’est pas toujours  aisé de vaincre

Fonctions stratégiques multidimensionnelles du système d’enseignement islamique

Le système d’enseignement islamique traditionnel, en raison de la simplicité et de la flexibilité de son mode de fonctionnement, peut revêtir une importance stratégique polyvalente cardinale.

 En effet, il est en  mesure, en raison de la facilité de sa diffusion parmi les populations et la spontanéité de leur adhésion aux préceptes qu’’il prône de :

-favoriser l’alphabétisation de celles-ci

-renforcer les liens spirituels, culturels et psychologiques qui soudent entre elles les différentes composantes de ces sociétés

-conscientiser les populations face aux visées Euro centristes de l’occident tendant à vassaliser l’Afrique sur le plan culturel

-armer les populations par un islam tolérant, inclusif, fraternel, apaisé et ouvert à l’acceptation de l’autre et à la coexistence pacifique entre les peuples de confessions et de convictions différentes

-ancrer  dans les esprits une conception de l’Islam qui refuse le fanatisme, le salafisme jihadiste qui prône la violence, la haine et le terrorisme et ce pour prémunir les populations contre l’idéologie fondamentaliste que propagent les groupes terroristes de Daech, Al Qaida, Boko Haram, Mujao, El Nosra et consort.

Il faudra en d’autres termes que le système d’enseignement coranique traditionnel soit intelligemment instrumentalisé aux fins d’immuniser les populations saharo-sahéliennes contre l’idéologie salafiste jihadiste et la pensée unique obscurantiste qu’elle s’évertue à  diffuser dans tout l’espace de l’Afrique subsaharienne aux fins de semer la guerre, la désolation et empêcher ce faisant, que s’instaure la paix , la sécurité, la stabilité , l’entente et  le développement socioéconomique auxquels aspirent les peuples de la région.

Telles sont les fonctions stratégiques vitales que le  système d’enseignement coranique traditionnel peut avoir, et qui sont susceptibles, au demeurant, d’être mises à contribution pour endiguer l’expansion du jihadisme terroriste qui menace d’hypothèquer l’avenir de toute la région.

Tout compte fait, la validité et  l’efficacité de tout système éducatif quel qu’il soit, doivent in fine, être mesurées à l’aune de la sécurité, de la stabilité et de la prospérité socioéconomique qu’elles peuvent assurer.

Nouakchott le 14 Septembres 2016

Pr.Mouhamed Lemine Ould EL KETTAB

Président du Conseil Scientifique

 de l’Union des litteraires  et Ecrivains Mauritaniens

 

 

Bibliographie :

  • Enseignement traditionnel en Mauritanie

La Mahadra ou l’Ecole à dos de chameau

El Ghassem Ould Ahmedou.

Harmattan 1997.

  • Eléments Pour Une Symbolique Maure,de la dune au puits

Harmattan 2001.

Elghassem Ould Ahmedou

  • LE syseème éducatif Mauritanien, Rapport d’évaluation PARSEM, 1992

Roger Gautier

  • La crise mondiale de l’éducation, analyse de système, PUF, Paris 1967.Coombs Ph.
  • La planification de l’éducation  non formelle. IIEP, Paris. .David R. Evans
  • Bilad chinguitt, ALESCO,Tunis 1982.El Khalil Ould Enahoui.
  • L’éducation de base dans les pays du sahel, Institut de l’UNESCO pour l’éducation, Hambourg, 1977.Botti Mare
  • Rapport de synthèse de la journée de réflexion sur l’excellence de l’éducation en Mauritanie, organisée à l’ENS, Nouakchott, 2006.
  • Facettes de la Réalité Mauritanienne, Harmattan, 2006, Mouhamed Lemine Ould EL KETTAB
  • Education de base et éducation Coranique au Sénégal, Dakar, 1998, BREDA.
  • L’Ecole Coranique, d’hier à aujourd’hui, étude par Ali Hamdach, Nov.2005.

 

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